LE BLOG DE MAURICE LAOUCHEZ

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L'AFFAIRE «CREDIT AGRICOLE CONTRE MAURICE LAOUCHEZ"

Chronologie et Explication

• Une affaire étroitement liée à la stratégie de  développement du Crédit Agricole de la Martinique de 1982 à  1993

Maurice Laouchez a été nommé Directeur Général  du Crédit Agricole de la Martinique en 1982.
 
A partir de 1982,  en accord avec son Conseil d’Administration et la Caisse Nationale de Crédit  Agricole, il a proposé d’accentuer l’implication du Crédit Agricole de la  Martinique dans le développement économique de l’île en soutenant des  secteurs essentiels comme le tourisme, l’audiovisuel, l’agriculture, la  distribution, le bâtiment.
 
Cette politique consistait à  accorder des prêts aux opérateurs de ces industries et à prendre – le cas  échéant - des participations au capital d’entreprises de ces secteurs  garantissant ainsi des revenus liés aux crédits. Le Crédit Agricole est  ainsi devenu dès  1985 la 1ère banque de la Martinique devant le Crédit  Martiniquais et la BNP.
 
Tous les investissements concernés ont  été étudiés par des équipes d’experts et leurs financements ont été décidés  par les Comités et Conseils d’Administration compétents. Ils ont  systématiquement été portés à la connaissance des instances nationales du  Crédit Agricole comme en attestent les rapports  d’inspection.
 
Pour porter ses fruits, une telle politique  nécessitait que les investissements soient maintenus sur des périodes de  moyen à long terme (5 à 10 ans) étant donnés les durées nécessaires à leur  rentabilisation.

 
•  Divergences stratégiques entre Paris et la Martinique

Dès Juillet 1993, une mission  d’inspection de la Caisse Nationale de Crédit Agricole critique fortement  ces investissements et 7 mois plus tard, en Février 1994, la Caisse  Nationale de Crédit Agricole crée un «Comité Martinique» qui  gère de Paris toutes les décisions pour les dossiers supérieurs à 3 millions  de Francs.
 
Ce « Comité Martinique » suit directement le  dossier de la résidence hôtelière le Hameau de Beauregard, construite  dans la ville touristique de Sainte Anne par Frédéric, Raphaël et Jean  Laouchez, frères de Maurice. Cette résidence de 90 studios a en effet été  financée par des prêts du Crédit Agricole pour un montant de 36 millions de  Francs. Maurice Laouchez est associé au projet à hauteur de  20%.
 
En Juillet 1995, suite aux difficultés de  commercialisation du Hameau de Beauregard en «  time-share »  liées à une évolution défavorable de la réglementation, le « Comité  Martinique » décide d’enlever la gestion au groupe Archipel (filiale  hôtelière de Groupama Antilles-Guyane) et de confier celle-ci au Groupe Pierre et Vacances qui souhaite s’installer aux Antilles. Cette décision est  imposée malgré les réticences de la famille Laouchez, pourtant propriétaire des murs et du fonds.
 
En Octobre  1995, en désaccord avec la mise sous tutelle du Crédit Agricole Martinique par Paris, Maurice Laouchez  quitte le Crédit Agricole Martinique. Il reste dans le groupe Crédit  Agricole au sein de la direction internationale où il est nommé à Paris puis  en Pologne à la tête d’une mission d’Expertise et de  Conseil.

Début  1996 : La gestion du  Hameau de Beauregard par Pierre et Vacances s’avère calamiteuse. Les  résultats d’exploitation sont très inférieurs à ceux obtenus par les équipes  initialement mises en place par Frédéric Laouchez. Pierre et Vacances  ne paye toujours pas de loyer au Hameau de Beauregard et utilise sa  position dans la résidence pour préparer au mieux l’ouverture de son propre  hôtel dans la ville voisine de Sainte Luce.

Plus globalement, il s’avère rapidement que le «  Comité Martinique » ne connaît ni les métiers, ni les marchés, ni les  équipes de management des dossiers dont il a la responsabilité. A 8 000  kilomètres de distance, les risques d’erreurs sont forcément plus  importants. La suite le démontrera.

• Le Crédit Agricole conduit à la faillite le Hameau  de Beauregard

Le 4 Avril 1996, le Crédit Agricole  envoie des courriers comminatoires aux associés du Hameau de  Beauregard puis les informe en Octobre 1996 de sa décision d’arrêter les financements.

Le dépôt de bilan est inévitable. Le Groupe  Pierre & Vacances n’a jamais payé le moindre centime au titre des sommes  dues en contrepartie de l’exploitation de l’hôtel.
 
Aussi  brutalement, le « Comité Martinique » du Crédit Agricole décide un  désengagement immédiat de tous les dossiers de participation ou de  financement initiés sous la direction de Maurice Laouchez. Cette décision va  conduire à des dépôts de bilan en cascade,des cessions au rabais d’actifs  pourtant précieux (ATV, Canal + Antilles, Hôtel la Batelière, sous-marin de  la Baie de Saint Pierre), des liquidations de sociétés.
 
Au  total, la gestion du « Comité Martinique » va entraîner plus de 100  millions d’euros de pertes liées aux multiples dépréciations et  provisions.
 
Il n’est bien sur pas question pour la Caisse  Nationale de Crédit Agricole de porter la moindre responsabilité dans cette  catastrophe financière ou de risquer d’être accusée de gestion de fait ou de  soutien abusif des différents dossiers ou de laxisme dans ses procédures de  contrôle.
 
Comme Jérôme Kerviel dans l’affaire en cours de la  Société Générale, il faut donc trouver un bouc émissaire qui puisse seul «  porter le chapeau » afin que le top management parisien de la banque ne soit  pas inquiété.
 
• Maurice  Laouchez : le coupable idéal

Maurice Laouchez est la cible idéale. S’il  chute, il sera perçu comme responsable de toutes ces pertes et personne  n’attaquera le « Comité Martinique » pour les fautes graves commises  à partir de Paris dans la gestion de ces dossiers.
 
En Juin  1997, soit 27 mois après son départ du Crédit Agricole de la  Martinique et plus de 6 ans après la livraison du Hameau de  Beauregard, une plainte est déposée pour « escroquerie » et « abus de  biens sociaux », à l’encontre de Maurice Laouchez et de ses 2 frères,  Frédéric et Raphaël, principaux actionnaires du Hameau de  Beauregard.
 
En résumé, il est reproché à Maurice Laouchez  d’avoir abusé de sa position pour accorder – seul ! - des financements au  projet Hameau de Beauregard au bénéfice de lui-même et de ses  frères.
 
Cette plainte est signée par le Directeur du Crédit  Agricole de la Martinique et par son Président. Ce dernier  avouera, le 7 Juillet 1997, avoir signé cette plainte sous la menace  de voir le Crédit Agricole cesser les concours financiers à sa propre  entreprise. Il confirmera lors du procès en correctionnelle que le dossier  Hameau de Beauregard a été monté à la demande du Crédit Agricole  contre Maurice Laouchez. Depuis, ce Monsieur a perdu son poste de  Président. Son entreprise a déposé son bilan et le Crédit Agricole menace maintenant de lui saisir sa maison et tous ses biens…
 
M. Tamalet, Juge  d’instruction, est chargé d’instruire la plainte du Crédit Agricole. Il  semble considérer que les accusations portées par le Crédit Agricole n’ont  pas de fondement mais, en Février 2000, après plus de 2 ans  d’instruction, il est dessaisi du dossier au profit de M. Persico,  Doyen des Juges d’instruction.
 
Le dossier est maintenant «  signalé », c’est-à-dire qu’il est suivi par les plus hautes autorités à  Paris et en Martinique.
 
Le 29 Avril 2000, soit moins de  3 mois après avoir été saisi du dossier, le Juge Persico envoie à Maurice Laouchez une lettre de mise en examen. Il ne s’est même pas donné la peine  de l’entendre au préalable.
 
Finalement, un mois plus tard,  le 30 Mai 2000, et donc près de 3 ans après la plainte du Crédit  Agricole, Maurice Laouchez est convoqué pour la première fois par le  Juge d’instruction, M. Persico. Ce dernier décide sa mise immédiate sous  contrôle judiciaire strict, avec obligation de versement d’une somme de 3.000.000  de Francs avant le 30 Septembre 2000. Contrairement à  que prévoit la loi, M. Persico ne lui indique à aucun moment la  qualification précise en droit pénal des faits qui lui sont  reprochés.
 
Ni Frédéric Laouchez, ni Raphaël Laouchez, pourtant  nommés dans la plainte du Crédit Agricole, et alors qu’ils sont les  actionnaires majoritaires de l’opération Hameau de Beauregard, ne sont  entendus ni mis en examen par Le Juge Persico.
 
Aucune confrontation  n’est organisée entre les protagonistes de l’affaire. Plus aucun doute ne  subsiste, seul Maurice Laouchez est visé pour les raisons rappelées précédemment. L’affaire Hameau de Beauregard n’est qu’une manipulation  juridique pour tenter de l’abattre et d’occulter les responsabilités du  Crédit Agricole.
 
La presse locale ne s’y trompe d’ailleurs pas  et titre sur « l’affaire Crédit Agricole contre Maurice Laouchez  ».
 
• 9 ans  d’instruction, 11 ans de procédure, un cauchemar  juridique

Démarrée en 1997,  l’instruction judiciaire aura duré près de 9 ans et, le 5 Janvier  2005, face au vide de l’accusation, le Procureur de la République  requiert un non-lieu. Ses réquisitions sont confirmées et suivies par le  Juge d’instruction qui rend une ordonnance de non-lieu le 8 Juillet  2005.

Bien entendu, l’affaire ne s’arrête pas là. Le Crédit  Agricole fait appel de ce non-lieu, mobilise les plus grands cabinets  d’avocats parisiens, intervient auprès de multiples autorités et obtient  finalement, le 6 Juin 2006, le renvoi de Maurice Laouchez au tribunal  correctionnel. Ce renvoi est géré par le même Parquet qui avait requis, un  an plus tôt le non-lieu…
 
A partir de cette date, la messe est  dite. Le 25 Avril 2007, après une parodie de procès en  correctionnelle où aucun des arguments de la défense n’est écouté et à  fortiori entendu, Maurice Laouchez est condamné pour escroquerie par abus de  qualité vraie de Directeur Général de la Caisse Régionale de Crédit Agricole  Mutuelle de la Martinique et par emploi de manoeuvres  frauduleuses.
 
Sa peine est fixée à :
 
- 2 ans  d’emprisonnement avec sursis
- 150 000 euros d’amende
- interdiction  pendant 5 ans d’exercer une activité bancaire
- paiement au Crédit  Agricole de la Martinique de 11 209  197 euros au titre de  préjudice matériel
-  paiement de 10 000 euros sur le fondement de l’article 475-1 du code de  procédure pénal

Cette condamnation est confirmée en appel le 14  Février 2008 après une deuxième parodie de procès où les jeux étaient  clairement faits d’avance.
 
Le 16 février 2008, Maurice  Laouchez s’est pourvu en cassation.
 
Le 17 mars 2008, il a reçu un avis d’huissier lui  faisant commandement de payer dans un délai de 8 jours, soit au plus tard le  23 mars 2008, la somme de 11 513 582 euros.

Par ailleurs, depuis le 18 mai 2004,  alors que l’instruction n’était même pas encore terminée, le Crédit Agricole  a obtenu des juges, l’inscription d’une hypothèque judiciaire sur la société  civile immobilière familiale, propriétaire des murs de la maison où habite  Maurice Laouchez et de l’appartement où habite Danielle Sauphanor, son  ex-épouse. Cette SCI, détenue à 98% par les enfants de Maurice Laouchez et  Danièle Sauphanor a pourtant été créée en 1996, soit plus d’un an avant la  plainte du Crédit Agricole.
 
Du fait des récentes décisions de  justice, Maurice Laouchez – 67 ans - et Danièle Sauphanor – 70 ans - peuvent  tous deux être expulsés de leur domicile à n’importe quel moment. Maurice  Laouchez va perdre 95% de sa pension de retraité pour laquelle il a cotisé  toute sa vie. Il n’a tiré aucun bénéfice personnel de l’opération Hameau de  beauregard qui lui a coûté, au contraire,plus de 60.000 Francs Euros.
 
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